10 octobre 2026
Sophie Adenot de retour sur Terre, et le Starship du vol 13 bientôt de retour au Texas

Sophie Adenot : huit mois en orbite, un record européen
Le 8 octobre 2026 vers 17h35 (heure française), la capsule Dragon de SpaceX s'est posée dans l'océan Pacifique, au large de San Diego, avec à son bord Andrey Fedyaev (Roscosmos), Jack Hathaway et Jessica Meir (NASA), et la Française Sophie Adenot (ESA). Après la traversée de l'atmosphère à grande vitesse, le ralentissement sous parachutes et quelques minutes de coupure radio pendant la rentrée, l'équipage a retrouvé la gravité terrestre pour la première fois depuis février.
Sophie Adenot avait décollé de Cap Canaveral en février 2026, devenant la onzième astronaute française de l'histoire et la deuxième Française à franchir la ligne de Kármán — environ trente ans après Claudie Haigneré. Pendant son séjour, elle est aussi devenue la première Française à réaliser une sortie extravéhiculaire : elle en a effectué trois au total, en août et septembre 2026, dans le vide spatial, en combinaison pressurisée, à l'extérieur de la Station spatiale internationale.
Avec environ 235 jours passés en orbite, elle bat le record du plus long vol spatial européen, détenu jusque-là par l'Italien Luca Parmitano (201 jours, en 2019-2020). Un chiffre qui dit aussi quelque chose du métier d'astronaute aujourd'hui : ce ne sont plus de courtes missions symboliques, mais de longs séjours scientifiques, pensés en partie comme une préparation aux futurs vols lointains — vers la Lune, puis au-delà.
Après l'amerrissage, Sophie Adenot a été transportée par hélicoptère jusqu'à la base aéronavale de North Island, près de San Diego, avant de rejoindre le centre spatial Johnson de la NASA à Houston. Une équipe médicale de l'ESA doit ensuite l'accompagner jusqu'à Cologne, en Allemagne, où l'attend un programme de réadaptation de plusieurs semaines — le corps humain a besoin de temps pour réapprendre la gravité après un séjour aussi long en apesanteur.
Le Starship du vol 13 : un retour... par la mer
Pendant ce temps, à plus de 10 000 km de là, un tout autre genre de retour touche à sa fin : celui du vaisseau Starship ayant volé lors du treizième vol d'essai (IFT-13) de SpaceX.
Ce vol avait décollé le 24 juillet 2026 depuis le pas de tir 2 de Starbase, au Texas — après une première tentative avortée le 16 juillet, stoppée automatiquement au moment de l'allumage, qui avait nécessité le remplacement de deux moteurs Raptor 3 sur le booster. Une fois lancé, l'assemblage formé par le Ship 40 et le Super Heavy Booster 20 a rempli sa mission en un peu plus d'une heure : la mise en orbite des tout premiers satellites Starlink V3 opérationnels, cette nouvelle génération plus grande, équipée de liaisons laser inter-satellites et capable d'un débit nettement supérieur aux versions précédentes.
Le booster, lui, n'a pas été récupéré lors de ce vol. Mais le Ship 40 a connu un sort inhabituel : il a survécu intact à son amerrissage dans l'océan Indien, alors que les vaisseaux Starship ne sont, à ce stade du programme, pas conçus pour être réutilisés après un amerrissage — ils se désintègrent généralement à l'impact ou peu après. Plutôt que de laisser l'épave couler, SpaceX a choisi de la récupérer : un remorqueur l'a d'abord tracté vers des eaux plus calmes, avant qu'elle soit hissée sur un navire de transport — une opération qui a pris, à elle seule, 24 jours.
A suivi ce que SpaceX décrit sobrement comme un « voyage de plusieurs mois » par voie maritime, jusqu'au port de Brownsville, au Texas, où l'arrivée est attendue autour du 8 octobre 2026. Objectif : permettre aux ingénieurs d'étudier de près un vaisseau ayant traversé une rentrée atmosphérique complète et un amerrissage réel, pour affiner la conception des futurs Starship — notamment ceux qui, un jour, seront conçus pour être réellement récupérés et réutilisés, comme c'est déjà le cas pour les boosters Super Heavy capturés par les bras de la tour de lancement.
Deux retours très différents, donc, mais qui racontent la même histoire : celle d'un secteur spatial qui apprend, vol après vol, à faire revenir ce qu'il envoie — que ce soit un équipage ou une machine.
ESA Standard Licence
La photo du Starship vient de StarshipGazer.com


